La chaleur sensible correspond à l’augmentation de la température d’une matière sans modifier son état. L’absorption du rayonnement solaire par le sol augmente la chaleur du sol puis de l’air par conducto-convection subséquente de l’air au contact du sol. Il s’agit d’une production de chaleur sensible.
Les sols non végétaux (et surfaces non végétales) ainsi que les surfaces végétales dont les végétaux sont secs (débris de végétaux fauchés et terres labourées) produisent de la chaleur sensible lorsqu’ils s’échauffent en absorbant les rayonnements solaires puis lorsqu’ils transfèrent leur chaleur à l’air par le double effet de la conduction (contact physique entre le sol chaud et l’air) et de la convection (déplacement de l’air chaud). Ce transfert thermique se traduit par une augmentation de la température de l’air.
L’énergie qui change l’état physique d’une matière sans changer sa température est la chaleur latente. L’évaporation de l’eau : passage de l’état liquide à l’état gazeux (vapeur) sans changement de température, requiert de l’énergie puisée dans l’air sous forme de chaleur. Par conséquent, la température de l’air s’abaisse. Cette énergie absorbée dans la vapeur d’eau est ensuite libérée lors de la condensation (pluie).
C’est donc un double phénomène thermodynamique : (1) la pression partielle de vapeur d’eau à la surface liquide (couche limite) devient inférieure à la pression de vapeur saturante lors de la rupture de l’équilibre thermodynamique de la couche limite par le vent et le soleil ; (2) l’eau liquide s’évapore en absorbant l’énergie de l’air (chaleur latente) dont la température s’abaisse.
Les végétaux par transpiration et les surfaces en eau par évaporation, deux phénomènes réunis sous le terme d’évapotranspiration, puisent l’énergie de l’air (chaleur latente) donc participe à un abaissement de la température de l’air.
Les taux de chaleur sensible et de chaleur latente varient selon le type de surfaces. Moins une surface est végétalisée plus elle produit de la chaleur sensible. A l’inverse, plus une surface est végétalisée, plus elle produit de la chaleur latente abaissant la température de l’air.
Une thermographie satellitaire montre les différences de températures de surface et révèle donc les sols et les revêtements où prédomine le phénomène de chaleur sensible aux dépens du phénomène de chaleur. Cette thermographie satellitaire de Lent du 19 août 2023 montre une commune thermiquement mosaïquée par des températures de surface bien différentes. Nous pouvons distinguer les étangs dombistes et la forêt dans l’est de la commune qui montrent des températures moins élevées (en jaune et vert) par comparaison avec l’enveloppe urbaine et les terres labourées qui ont des températures plus élevées (en rouge).
Les projections d’augmentation en fréquence et intensité des vagues de chaleur rappellent l’importance de la végétation dans une commune, notamment pour la production de chaleur latente abaissant la température de l’air.
