Adaptation aux changements climatiques
CONCEPTS
La chaleur sensible modifie la température d’une matière. La chaleur sensible est la chaleur du sol augmentée par l’absorption du rayonnement solaire incident par le sol puis la chaleur de l’air augmentée par la conducto-convection subséquente de l’air au contact du sol. La production de chaleur sensible relève par conséquent d’un changement de température de la matière mais pas d’un changement d’état physique de la matière.
La chaleur latente change l’état physique d’une matière sans changer sa température. Par exemple, l’évaporation, c’est-à-dire le passage de l’eau, de l’état liquide à l’état gazeux (vapeur d’eau), n’est possible que par la chaleur latente puisée sous forme de calories dans l’air dont la température s’abaisse alors. Cette chaleur latente produite reste stockée dans la vapeur d’eau montant dans l’atmosphère.
Les sols non végétaux (et surfaces non végétales) produisent de la chaleur sensible lorsqu’ils s’échauffent en absorbant les rayonnements solaires puis lorsqu’ils transfèrent leur chaleur à l’air par le double effet de la conduction (contact physique entre le sol chaud et l’air) et de la convection (déplacement de l’air chaud). Ce transfert thermique se traduit par une augmentation de la température de l’air.
Les sols végétaux (et surfaces végétales) par transpiration et les surfaces en eau : fontaines, étangs..., par évaporation participent à la production de chaleur latente conduisant à un abaissement de la température de l’air. Ces calories sont ensuite exportées sous la forme de vapeur d’eau vers l’atmosphère. L’afflux de vapeur d’eau forme alors un nuage. La chaleur latente initiale sera restituée avec la pluie créée par condensation de cette vapeur d’eau (transformation de l’eau gazeuse en eau liquide).
Lors d’un jour de vague de chaleur, l’air de la canopée urbaine est homogène à une échelle très étendue, parfois nationale, quelle que soit la forme urbaine (parc urbain ; zone d’activité ; centre-ville ; centre-bourg ; petit collectif ; habitat individuel) ou l’occupation du sol (agricole : prairie permanente ; naturelles : forêt et plan d’eau ; non bâtie : terre arable). La nuit, l’air de la canopée urbaine se rafraîchit fortement au niveau des sols de type agricoles, naturels et non bâtis, contrairement aux formes urbaines où la température reste très élevée. Cette différence de température de l’air entre le diurne et le nocturne définit les îlots de chaleurs urbains nocturnes. Bien qu’ils soient plus exacerbés dans les centres-villes des communes à forte densité, ils existent aussi dans les centres-bourgs des communes à faible densité.
L’orientation du bâti est fondamentale pour le confort thermique intérieur en été comme pour les apports solaires passifs hivernaux. Contrairement aux idées reçues, une grande façade orientée sud n’est pas synonyme de fournaise en été. En effet, lors des périodes où l’irradiation solaire incidente est la plus élevée (de mi‑printemps à mi-automne) la surface recevant le plus d’énergie est la façade horizontale puis la façade ouest (et est) et, enfin, la façade sud.
Pour se prémunir de surchauffe urbaine diurne au sein du bâti existant et futur, il convient donc de penser une stratégie du froid (et du chaud) en accord avec l’irradiation solaire par façade, considérant aussi bien sûr leur protection solaire (brise soleil, store à projection…).
Le premier effet des arbres et des haies est thermique par l’ombrage. Selon leur taille et leur densité de feuillage, ils vont occulter le rayonnement solaire sur le sol. Cet ombrage va entraîner un abaissement de la température du sol puis de l’air. Ensuite, la transpiration des arbres (et des haies) est le phénomène d’évaporation de l’eau liquide absorbée par les racines qui s’effectue dans les stomates (de petites ouvertures situées sur les feuilles où entre le CO2). Dans le contexte d’un potentiel hydrique (degré inverse de liberté de l’eau de bas en haut), l’évaporation crée une dépression entraînant la circulation de l’eau depuis les racines jusqu’aux feuilles (flux hydrique). Cette évaporation dans les stomates produit de la chaleur latente donc un abaissement de la température de l’air.
Les arbres isolés sous une forme dense composent une coalescence arborée. La coalescence arborée amplifie les effets thermiques des arbres isolés, rendant chacun plus précieux en matière d’adaptation parce que contrairement à des boisements urbains trop proches de bâtis, la coalescence arborée ne constitue pas un couvercle thermique, l’air circulant autour.
Les thermographies satellitaires réalisées à partir de données satellitaires peuvent être des outils d'analyse thermique d’échelle locale bien que leur résolution soient relativement faible : 30 mètres (un pixel d’une image Landsat correspond à 30 mètres sur le terrain). Elles permettent, toutefois, de recenser les surfaces artificielles, agricoles ou naturelles dont les températures de surfaces sont les plus élevées : surfaces non végétalisées, parkings... Il est important de rappeler que la température de surface est toujours plus élevée que la température de l’air.
Les thermographies satellitaires montrent par conséquent les différences de températures de surface (pas les différences de température d’air ni de température ressentie). Elles ne recensent donc pas les îlots de chaleur urbains nocturnes ni les surchauffes urbaines diurnes (tout en hypothétisant des surchauffes urbaines diurnes). En revanche, une thermographie satellitaire révèle les occupations du sol et les revêtements où prédomine la production de chaleur sensible aux dépens de la chaleur latente produite par évapotranspiration de la végétation et de l’eau du sol conduisant à un abattement de la température de l’air à proximité de ces surfaces en végétal et en eau.
Les thermographies satellitaires ont finalement surtout une vertu didactique permettant de sensibiliser les élu·e·s et les habitant·e·s : (1) à la structuration thermique de leur commune par le rayonnement solaire incident ; (2) aux phénomènes de chaleurs sensible et latente donc aux surchauffes urbaines diurnes, c’est-à-dire à la protection de la canopée d’une commune (forêt urbaine, forêt, ripisylve…) et à la végétalisation (arbres urbains et gazons).
OMBRES BATIES
OAP ADAPTATION ET TVB
Une OAP Adaptation et TVB a été conçue et réalisée par Bioinsight dans le cadre de l’évaluation environnementale (lot 2) de la mission d’accompagnement de la commune Montrevel-en-Bresse (Ain) dans l’élaboration de son PLU :
Maîtrise d'ouvrage : commune de Montrevel-en-Bresse
Taille du territoire : : 2 743 habitant·e·s en 2023 et 10,27 km² (altitude : minimum 192 m et maximum 220 m) ; aire d’attraction des villes : Bourg-en-Bresse (commune de sa couronne)
Maîtrise d'oeuvre : (lot 2 évaluation environnementale) : Bioinsight mandataire
Attribution du marché : 3 octobre 2023
Approbation du PLU : ( de la révision générale ) 3 février 2026
Une OAP Adaptation et TVB est conçue et réalisée par Bioinsight dans le cadre de l’évaluation environnementale (lot 2) de la mission d’accompagnement de la commune de Lent (Ain) dans la révision générale de son PLU :
Maîtrise d'ouvrage : commune de Lent
Taille du territoire : 1 512 habitant·e·s en 2023 et 31,48 km² (altitude : minimum 240 m et maximum 296 m) ; aire d’attraction des villes : Bourg-en-Bresse (commune de sa couronne) ;
Maîtrise d'oeuvre : (lot 2 évaluation environnementale) : Bioinsight mandataire
Attribution du marché : 2 avril 2024
Approbation du PLU : procédure de révision générale en cours
Une OAP Adaptation et TVB est conçue et réalisée par Bioinsight dans le cadre de l’évaluation environnementale (lot 2) de la mission d’accompagnement de la commune de Coligny (Ain) dans la révision générale de son PLU :
Maîtrise d'ouvrage : commune de Coligny
Taille du territoire : 1 360 habitant·e·s en 2023 et 16,87 km² (altitude : minimum 199 m et maximum 575 m) ; aire d’attraction des villes : Bourg-en-Bresse (commune de sa couronne)
Maîtrise d'oeuvre : (lot 2 évaluation environnementale) : Bioinsight mandataire ;
Attribution du marché : 23 juillet 2024
Approbation du PLU : procédure de révision générale en cours.
Une OAP Adaptation et TVB est conçue et réalisée par Bioinsight dans le cadre de l’évaluation environnementale de la mission d’accompagnement de la commune de Lapte (Haute-Loire) dans l’élaboration de son PLU :
Maîtrise d'ouvrage : commune de Lapte
Taille du territoire : 1 806 habitant·e·s en 2023 et 30,75 km² (altitude : minimum 600 m et maximum 914 m) ; aire d’attraction des villes : Yssingeaux (commune de sa couronne)
Maîtrise d'oeuvre : BE Réalités (mandataire) et Bioinsight (évaluation environnementale)
Attribution du marché : 11 septembre 2023
Approbation du PLU : procédure d’élaboration en cours.

