Les thermographies satellitaires montrent par conséquent les différences de températures de surface (pas les différences de température d’air ni de température ressentie). Elles ne recensent donc pas les îlots de chaleur urbains nocturnes ni les surchauffes urbaines diurnes (tout en hypothétisant des surchauffes urbaines diurnes). En revanche, une thermographie satellitaire révèle les occupations du sol et les revêtements où prédomine la production de chaleur sensible aux dépens de la chaleur latente produite par évapotranspiration de la végétation et de l’eau du sol conduisant à un abattement de la température de l’air à proximité de ces surfaces en végétal et en eau.
Les thermographies satellitaires ont finalement surtout une vertu didactique permettant de sensibiliser les élu·e·s et les habitant·e·s : (1) à la structuration thermique de leur commune par le rayonnement solaire incident ; (2) aux phénomènes de chaleurs sensible et latente donc aux surchauffes urbaines diurnes, c’est-à-dire à la protection de la canopée d’une commune (forêt urbaine, forêt, ripisylve…) et à la végétalisation (arbres urbains et gazons).
Dans le cadre de l’élaboration du PLU de Montrevel-en-Bresse et de son OAP Adaptation et TVB, l'analyse de la température des surfaces s’est portée sur deux années différentes, 2022 et 2023, présentant des températures de l’air et de surface différentes enregistrées pendant une période estivale.
| Année | Jour | Heure | Satellite |
|---|---|---|---|
| 2022 | 16/08/2022 | 12h22 heure locale (10h39 heure solaire vraie) | Landsat-9 |
| 17/08/2022 | 12h26 heure locale (10h42 heure solaire vraie) | Sentinel-2 | |
| 2023 | 19/08/2023 | 12h22 heure locale (10h39 heure solaire vraie) | Landsat-9 |
| 22/08/2023 | 12h22 heure locale (10h39 heure solaire vraie) | Sentinel-2 |
Le choix des dates a été basé sur la disponibilité des données satellitaires (passage du satellite sur la commune et couverture nuageuse), ainsi que sur une analyse de la température de l’air de la station météo la plus proche de la commune de Montrevel-en-Bresse, située à Saint-Julien-sur-Reyssouze, dans le Bourg, à 189 m d’altitude, soit environ huit kilomètres de distance.
S’agissant de l’évolution de la température de l’air en fonction du temps, Il est possible de remarquer que les températures des deux dates analysées ne sont pas identiques. En effet, le 16 août 2022, la température minimale était de 14,3 °C et la maximale de 33,1 °C, tandis que pour le 19 août 2023, elles étaient respectivement de 19,6 °C et 35,6 °C. De plus, le contexte n’est pas le même : avant la thermographie de surface, en 2022, les températures des deux jours précédents n’étaient pas aussi élevées que celles enregistrées en 2023. Par conséquent, le stockage de la chaleur peut être minime pour le 16 août 2022 et plus important pour le 19 août 2023.
En tenant compte des quatre cartes satellitaires, on peut conclure que les surfaces fortement végétalisées ont une température de surface plus faible. En revanche, les surfaces imperméabilisées, notamment au centre du bourg, présentent les températures les plus élevées de la commune. La température la plus élevée enregistrée, en considérant que la résolution de la thermographie est de 30 m, correspond au stade de l’Huppe (46,15 °C). De plus, plusieurs surfaces agricoles affichent des températures de surface élevées. En les analysant avec la carte du NDVI (indice normalisé de différence de végétation : NDVI – Normalized Differential Vegetation Index) et du NDMI (indice normalisé de différence d’humidité : NDMI - Normalized Differential Moisture Index), il est possible de conclure que ces parcelles ne possèdent pas de végétation, ou alors elle est sèche, au moment du passage des satellites Sentinel et Landsat.
