Ensuite, la transpiration des arbres (et des haies) est le phénomène d’évaporation de l’eau liquide absorbée par les racines qui s’effectue dans les stomates (de petites ouvertures situées sur les feuilles où entre le CO2). Dans le contexte d’un potentiel hydrique (degré inverse de liberté de l’eau de bas en haut), l’évaporation crée une dépression entraînant la circulation de l’eau depuis les racines jusqu’aux feuilles (flux hydrique). Cette évaporation dans les stomates produit de la chaleur latente donc un abaissement de la température de l’air.
Tout élément végétal ligneux présente également un effet hydraulique, d’autant plus lors de fortes précipitations (pluies extrêmes).
En effet, ils agissent hydrauliquement suivant trois phénomènes. Tout d’abord, une partie de la pluie est interceptée par le feuillage donc n’atteint pas le sol : l’eau reste à la surface des feuilles ou de l’écorce puis s’évapore. Une autre partie s’écoule goutte à goutte au sol depuis les feuilles, on parle de throughfall. Enfin, une autre partie de l’eau s’écoule le long des branches et du tronc, on parle de stemflow. Au fil de la croissance, le système racinaire d’un arbre va décompacter le sol et l’aérer, lui conférant des propriétés drainantes et absorbantes. La succession des saisons et des gels et dégels va également créer des galeries et cavités dans lesquelles l’eau peut s’infiltrer.
L’effet hydraulique d’une haie est d’autant plus marqué lorsque celle-ci est située en bas de pente d’une terre arable par exemple. En effet, le ruissellement est d’autant plus intense sous l’effet de la pente, de terres arables parce que l’eau ne s’y infiltre pas mais ruisselle. Une haie bien positionnée peut alors faire l’effet d’un barrage permettant le stockage puis l’infiltration de l’eau, réduisant le ruissellement pluvial.
Par leurs doubles effets hydrauliques (interception et infiltration de l’eau), les arbres isolés et les haies contribuent à l’adaptation aux changements climatiques des territoires lors de fortes précipitations, en réduisant le ruissellement pluvial et les inondations pluviales.
Un jeune arbre planté présente des effets beaucoup moins intenses qu’un arbre isolé mature existant et une probabilité de dépérissement plus élevée puisque son système racinaire est en croissance donc plus fragile à la sécheresse et aux vents forts (un fort taux de mortalité est constaté chez les jeunes arbres plantés). Sa biodiversité est également beaucoup moins riche.
En effet, un jeune arbre planté a une faible densité de feuilles et un faible développement de son système racinaire. Cela conduit à une plus faible capacité d’ombrage et de transpiration qu’un arbre mature existant. Il en est de même pour les effets hydrauliques : un jeune arbre intercepte moins de pluie et absorbe moins d’eau qu’un arbre mature.
Du fait de sa vulnérabilité, du temps nécessaire à l’installation de sa biodiversité pour devenir un réservoir de biodiversité et de ses moindres effets thermiques et hydrauliques, en matière d’adaptation, il est par conséquent essentiel de d’abord viser la protection des arbres isolés matures existants plutôt que la plantation de jeunes arbres, d’autant plus si ces arbres isolés matures existants sont regroupés dans une forme dense : la coalescence arborée.
